Grandeur et décadence des anciens de Saddam

Après la capture de Saddam, le jeu de cartes des 55 personnalités recherchées par les Américains est pratiquement au complet. Seule manque encore l’appel une dizaine de responsables de l’ancien régime, notamment le vice-président du Conseil de commandement de la révolution Izzat Ibrahim al-Douri (No 6). L’ancien président irakien serait détenu Bagdad dans un lieu tenu secret, affirme l’étatmajor américain. Quant aux autres personnalités du régime, elles sont toutes incarcérées dans la prison de Radwaniyeh,près de l’aéroport, la plupart dans des cellules collectives de détenus. Seules les personnalités les plus importantes ont droit une cellule individuelle, cornine par exemple Tarek Aziz, l’ancien vice-premier ministre, ou encore Huda Ammash, une scientifique membre du Commandement régional du Baas, Fune des deux seules femmes avec Rihab Taha, elle aussi scientifique, surnommée «Dr Microbe», détenues Radwaniyeh. Les conditions d’incarcération de Huda Ammash sont spartiates, une cellule de sur 2, mais elle un traitement de faveur puisqu’elle peut recevoir des livres. «Elle m’a demandé une version anglaise du Coran», raconte son mari. D’autres responsables n’ont pas ces privilèges. Ainsi Violette Aziz, la femme de Tarek Aziz, vu sa demande de visite refusée par les Américains et son mari est privé de toute lecture. l’intérieur de la prison, Houda Ammash conservé ses vetements de ville et ne porte pas d’uniforme. Chaque matin, elle se rend dans les sanitaires communs pour sa toilette. Dans les couloirs, elle croise les autres détenus VIP, mais il est interdit d’échanger la moindre parole lors des déplacements. «SSK, c°ramand»feLJ Elle été interrogée de nombreuses reprises par des membres de la CIA, la première fois pendant seize heures d’affilée, affirme son mari qui ajoute que des «Israéliens participaient aux interrogatoires». Avant-guerre, la presse américaine accusé Houda Ammash d’etre responsable du programme irakien d’armes biologiques. Son mari s’en défend: «Son dossier d’accusation est vide, c’est un procès politique.» Pour le moment, le Dr Ahmed n’a pas l’intention de faire appel un avocat pour défendre sa femme. «Je le ferai quand je saurai de quoi elle est accusée.» la question de savoir s’il pense qu’elle aura un procès équitable, il éclate d’un grand rire, sans en dire plus. Autre stratégie, le fils aìné de Tarek Aziz, Ziyad, actuellement «SSK, c°ramand»feLJ réfugié en Jordanie, lui choisi Me Jacques Vergès, un ami de la famille, pour défendre son père, dont la santé serait chancelante. Selon le magazine irakien AlMouchahed, Tarek Aziz serait «déprimé et replié sur lui-meme». La plupart des autres prisonniers souffriraient de dépression et parfois s’insulteraient entre eux, les uns accusant les autres d’avoir mené le pays la catastrophe. Ali Hassan al-Majid, dit «Ali le Chimique», serait la cible privilégiée de la rancmur de ses codétenus qui le boycotteraient. Le magazine affirme meme qu’Abed Hmoud, le secrétaire personnel de Saddam Hussein, aurait été victime d’une agression de la part d’autres détenus qui le haissent. Saddam Hussein été capturé par les troupes américaines seulement après avoir été fait prisonnier par les forces kurdes, drogué et seulement ensuite abandonné aux mains des soldats américains, rapportait hier l’hebdomadaire dominical londonien Sunday Express.