Bertrand Piccard troque son ballon contre des ailes solaires

Le voile est enfin levé. En collaboration avec l’EPFL, l’aérostier vaudois veut faire le tour de la planète dans un avion écologique révolutionnaire. Le but affiché n’est pas d’établir un record mais de promouvoir les énergies renouvelables.
Pendant toute la semaine, les médias romands ont littéralement bruissé de rumeurs propos de Bertrand Piccard et d’une collaboration avec l’EPFL. Elles ont été confirmées, hier, dans les locaux du Poly, où le psychiatre et aventurier vaudois présenté les grandes lignes d’un nouveau défi d’envergure. Avec l’aide de chercheurs de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, l’auteur du Tour du monde sans escale en ballon annonce qu’il va remettre qa dans quatre six ans, mais en avion solaire cette fois. Et cet engin, qui n’est pas encore construit, sera révolutionnaire. Matériaux ultralégers et multifonctionnels, interface pilote-machine novatrice, récupération maximale de l’énergie sont les trois axes forts de cette aventure technologique pour laquelle l’Ecole polytechnique fera office de conseillère scientifique. Auciine émission polluante «Nous voulons réécrire les grandes étapes de l’histoire de l’aviation avec l’énergie solaire, assène Bertrand Piccard. Quand je dis nous, c’est une équipe, dont fait partie mon partenaire Brian Jones, ainsi que les scientifiques de l’EPFL.» Il s’agirait du premier aéroplane avec pilote propulsé sans l’aide d’aucun carburant embarqué, et sans émission polluante. Baptisé Solar Impulse, il pourra voler de nuit, grace un stockage d’énergie électrique récoltée durant le bref jour solaire (pas plus de dix heures d’exposition). L’idée de base n’est pas d’établir un record, mais de promouvoir les énergies renouvelables et le développement durable. Il quatre ans, l’aérostier Piccard fait part de son idée, encore un reve, une équipe de l’EPFL. Celle-ci mené ces derniers mois une étude de faisabilité avancée. «C’est possible, les technologies existent, estime le professeur Jan-Anders Manson, qui sera le coordinateur du projet. Mais il faut encore pousser les limites, cela va demander quelques années.» Quant aux cellules solaires qui vont fournir l’électricité nécessaire, Yves Perriard, l’un des scientifiques impliqués, explique: «Il aura probablement un mélange entre les cellules conventionnelles et celles au colorant mises au point l’EPFL par le professeur Michael Graetzel.» Celles-ci peuvent fournir de l’énergie dans des conditions de luminosité moindre. Le tandem devient trio Le tandem Jones-Piccard est complété par André Borschberg, ingénieur et pilote de chasse helvétique, qui annonce la création d’une «société but non commercial» pour mener Solar Impulse terme. L’EPFL ne construira pas l’avion elle-meme. «Il faudra aller chercher les compétences là où elles se trouvent», précise André Borschberg. Lui et Bertrand Piccard évoquent Decision SA près de Vevey pour les matériaux, une autre entreprise près de Winterthour, un éventuel assemblage de l’avion Payerne… et pourquoi pas, une collaboration avec l’Agence spatiale européenne. Le Tour du monde en avion solaire aura bien sur un cout. Pour ce qui est du passage du laboratoire la production, Stefan Catsicas, vice-président de la recherche l’EPFL, annonce un accord de principe des organes fédéraux de financement de transferts technologiques. Pour la suite Bertrand Piccard explique que la recherche de fonds démarre aujourd’hui.