Coup de théàtre dans le pétrole russe

FUSION AVORTÉE Sibneft suspendu son rapprochement avec Ioukos.
Les actionnaires seraient tentés de faire monter les enchères ou de s’allier un groupe La fusion entre les groupes pétroliers russes Ioukos et Sibneft, appelés former le quatrième groupe pétrolier mondial, semblait en péril hier, Sibneft ayant annoncé la suspension de la transaction juste avant une réunion des actionnaires de Ioukos, qui devaient approuver la nouvelle structure. «L’achèvement de la fusion entre Ioukos et Sibneft est suspendu en raison d’un accord mutuel entre les actionnaires principaux des deux compagnies», annoncé Sibneft, hier matin, dans un communiqué laconique. «C’est une surprise pour tout le monde», indiqué Pavel Kouchnir, analyste de la société d’investissement UFG, qui estime que les actionnaires de Sibneft pourraient avoir bloqué la transaction afin de négocier de meilleures conditions. «Les actionnaires principaux des deux compagnies se sont entendus pour suspendre la fusion», expliqué John Mann, le porte-parole de Sibneft. «Le processus de fusion des compagnies se poursuit et n’a pas été suspendu», pourtant affirmé peu après Simon Kukes, PDG du groupe pétrolier Ioukos, cité par l’agence Interfax. La direction de Ioukos semblait prise de court et annoncé qu’elle publierait un communiqué ultérieurement. Le titre Ioukos chuté de 6% et celui de Sibneft de 11% juste après ce coup de théàtre. Augmenter les enchères «Les actionnaires de Sibneft», parmi lesquels le milliardaire Roman Abramovitch, «pourraient vouloir des compensations supplémentaires» ou renégocier les termes de l’opération, alors que la fusion avec Ioukos apparaìt comme de plus en plus risquée, souligne Pavel Kouchnir. Sibneft pourrait également avoir requ une offre intéressante de reprise par une major pétrolière occidentale, notamment ExxonMobil ou ConocoPhillips, qui étaient tentées d’acquérir une part de Ioukos. UFG souligne également dans un commentaire publié hier que Roman Abramovitch, qui soldé ces derniers mois ses actifs les plus importants en Russie, pourrait avoir décidé de vendre finalement sa part de 26% dans le groupe, alors que des bruits courent sur une nationalisation de IoukosSibneft. L’ombre du Kremlin La fusion entre le numéro un du pétrole russe, Ioukos, et le numéro cinq, Sibneft, déjà été mise en doute plusieurs reprises après l’ouverture de nombreuses enquetes judiciaires contre Ioukos, considérées comme inspirées en haut lieu et qui ont notamment débouché sur l’incarcération de l’ex-PDG du groupe Mikhail Khodorkovski, le 25 octobre dernier, et le gel de près de la moitié des titres du groupe. Mais les deux compagnies pétrolières avaient annoncé le octobre dernier la finalisation de cette fusion historique et le Ministère antimonopole russe également donné son consentement l’opération. La transaction par laquelle Ioukos acquis 92% des actions de Sibneft et les actionnaires de Sibneft 26,01% des actions de Ioukos est déjà réalisée et «il serait très difficile de revenir en arrière», d’autant plus que les actionnaires de Sibneft risquent une amende de milliard de dollars s’ils se retirent de la fusion, souligne UFG. Les actionnaires du groupe pétrolier russe Sibneft «ont peutetre décidé de vendre leurs actifs un tiers» plutot que de se risquer dans une fusion avec Ioukos, estimé vendredi le sénateur russe Andrei’ Vavilov, pour Les stauons Ioukos resieni sans l’essence de Sibneft. expliquer la suspension de la fusion entre les deux groupes. «Il doit avoir un accord entre Ioukos et Sibneft, une stratégie de sortie», indiqué M. Vavilov, qui occupé le poste de ministre des Finances par intérim, puis de vice-ministre des Finances de 1994 1997. «Le plus probable est que les actionnaires de Sibneft ont décidé de vendre leurs actifs sans Ioukos», considérant qu’il valait mieux les solder «tant que les prix étaient encore hauts», a-t-il expliqué.