La Libye prend le monde par surprise

La Libye pris le monde par surprise ce week-end en annongant qu’elle renongait tout programme d’armes de destruction massive. Selon Londres, la décision libyenne est mettre sur le compte de la fermeté américaine et britannique l’égard de l’Irak. «La Libye sera désormais en tete des pays qui muvreront pour que le monde soit débarrassé de toutes les armes de destruction massive», déclaré le numéro un libyen, le colonel Mouammar Kadhafi, après que Tripoli eut annoncé officiellement vendredi soir qu’il renongait ses programmes visant obtenir des armes chimiques, biologiques ou nucléaires (ADM). Cette décision intervient quelques mois après la conclusion d’un accord d’indemnisation des familles des victimes de l’attentat contre un Boeing de la PanAm au-dessus de Lockerbie (270 morts en 1988). Neuf mois de tractations Vendredi soir, Abdelrahman Chalgham, ministre libyen des Affaires étrangères, avait convoqué la presse pour donner lecture, sans commentaire, d’une déclaration admettant pour la première fois que la Libye avait tenté de développer
ce genre d’armes, ce qu’elle avait toujours démenti. La déclaration ajoute que des experts libyens, américains et britanniques avaient discuté du dossier libyen et que Tripoli avait soumis ses interlocuteurs des «substances, équipements et programmes qui conduisent la production des ADM». Commentant samedi l’annonce libyenne, le président américain George W. Bush affirmé que Tripoli avait de la sorte enclenché un processus lui permettant de rejoindre la communauté des Nations. M. Bush précisé que les discussions avec Tripoli duraient, dans le plus grand secret, depuis neuf mois. Fermeté payante La Grande-Bretagne estimé dimanche que la politique de fermeté affichée par Washington et Londres sur l’Irak avait contribué inciter la Libye renoncer son programme d’ADM. Cette hypothèse, rejetée par le fils du colonel Kadhafi, expliquant que les négociations de Tripoli avec les deux puissances anglo-saxonnes avaient débuté avant l’invasion de l’Irak, été défendue par le ministre britannique de la Défense Geoff Hoon.
La déclaration ajoute que des experts libyens, américains et britanniques avaient discuté du dossier libyen et que Tripoli avait soumis ses interlocuteurs des «substances, équipements et programmes qui conduisent la production des ADM». Commentant samedi l’annonce libyenne, le président américain George W. Bush affirmé que Tripoli avait de la sorte enclenché un processus lui permettant de rejoindre la communauté des Nations. M. Bush précisé que les discussions avec Tripoli duraient, dans le plus grand secret, depuis neuf mois. Fermeté payante La Grande-Bretagne estimé dimanche que la politique de fermeté affichée par Washington et Londres sur l’Irak avait contribué inciter la Libye renoncer son programme d’ADM. Cette hypothèse, rejetée par le fils du colonel Kadhafi, expliquant que les négociations de Tripoli avec les deux puissances anglo-saxonnes avaient débuté avant l’invasion de l’Irak, été défendue par le ministre britannique de la Défense Geoff Hoon. «Nous avons montré, quand Saddam Hussein n’a pas voulu coopérer avec les Nations Unies, que nous allons au bout. La Libye, et j’espère d’autres pays, en tireront la legon», a-t-il dit. Robin Cook, ancien chef de la diplomatie britannique opposé la guerre de mars-avril dernier, ironisé sur cette conception des faits: «Je trouve comique que nous devions utiliser un accord avec un pays que nous n’avons pas envahi qui avait des armes de destruction massive pour justifier l’invasion d’un pays qui n’avait pas d’armes de destruction massive», a-t-il dit. Concert de louanges Pour la partie américaine, le colonel Kadhafi semble bien avoir été le principal maitre d’muvre du processus qui débouché vendredi soir sur la promesse de la Libye de renoncer son arsenal d’armes de destruction massive. «Nous n’en sommes pas au point de discuter de l’impact de cette annonce sur le régime des sanctions», toutefois nuancé un haut responsable américain. Les familles des victimes britanniques de l’attentat de Lockerbie ont appelé hier le premier ministre Tony Blair lancer une enquete indépendante sur «la plus grande tuerie du XXe siècle sur le sol britannique» survenue il quinze ans jour pour jour.

Queen Mary 2

Ce week-end Saint-Nazaire, des milliers de visiteurs ont arpenté le Queen Mary 2. Ils ont admiré le «théatre royal», le restaurant Britannia et ses 1347 couverts, ils n’ont pas boudé le jardin d’hiver et ses chutes d’eau, ils ont fait le détour par la bibliothèque, le casino et les 14 bars, avant de s’extasier devant les suites «grand duplex» de 210 m2, dotées de salons, terrasse et bains remous. Alain Allorent, 38 ans de Navale, est resté chez lui. Pas par peur du danger: le plus grand paquebot du monde est désormais bien calè dans l’eau, attendant son départ, aujourd’hui, pour son port d’attache de Southampton. Finies les longues et fines passerelles d’accès, l’origine de l’accident qui fait quinze morts et une dizaine de blessés graves le 15 novembre dernier. Hommage aux victimes Non. S’il n’est pas allé, c’est par respect pour les victimes, ses collègues et leurs familles, disparus tragiquement lors de ce drame. «Je ne peux quand meme pas aller trottiner dans le Queen Mary après ce qui s’est passé», affirme ce métallo de 52 ans, secrétaire du comité d’entreprise des Chantiers de l’Atlantique. Ce devait etre l’apothéose de deux ans de construction, la gloire d’une ville dont le destin se confond avec la construction navale depuis cent trente ans. Le drame gaché la fete. «Bloody Mary», titrait le journal Ouest-France peu après la tragédie. D’autres voient l’ombre du Titanic planer sur son successeur. «Pourtant, la plupart des Nazairiens font la part des choses. Ils pleurent les victimes du drame. Mais restent fiers de leur reuvre», précise Daniel Sicard, directeur de l’Ecomusée. Saint-Nazaire fait bloc autour du QM2. «Pour cette ville entièrement détruite pendant la Deuxième Guerre mondiale, le Queen Mary fait un peu figure de cathédrale. Comme jadis le France ou le Normandie», remarque M. Sicard. On le voit partout. En sortant de la gare, on distingue déjà sa silhouette massive, son unique cheminée, symbole de la Cunard, son armateur anglo-américain qui fait naviguer des transatlantiques depuis 1839.

En descendant les rues centrales, on tombe sur le «Paquebot», surnom donné au… centre commercial de SaintNazaire. Partout, des affiches glorifient la «légende». «Ceux qui osent critiquer les paquebots ne se font pas des amis», note l’historien André Daniel, qui se rappelle encore ce concert de Michel Sardou: «Quand il commencé chanter le France, tous les syndicalistes se sont levés … Clients américains Sous cape, les Nazairiens ne se privent pourtant pas de juger le Queen Mary. «Certains regrettent sa faqade arrondie, son chateau monumental, son entrave très avancée. Moi, je le trouve original. Mais c’est vrai qu’il n’a pas la parfaite harmonie du France», concède Marc Rouaud. Et il s’y connaìt, cet ancien traceur de coques, talentueux maillon de la chaìne qui dessiné tant de navires, du Foch au France. Qu’importe cette allure de gratte-ciel: la Cunard des impératifs que les Nazairiens, fiers d’avoir été choisis pour construire le plus grand paquebot du monde, comprennent fort bien. Les passagers plébiscitant les cabines extérieures, le navire doit s’élever dans le ciel. Dans le monde de la croisière, le client 80% américain est roi… Le reste, tout le reste, les années de labeur, la tragédie, le QM2 l’effacera de sa mémoire en traversant l’ Atlantique, puis en rejoignant les Carai’bes, 50 km/h. CHANTIER Le départ du Queen Mary ravive les incertitudes aux Chantiers de l’Atlantique (Alstom Marine), qui n’ont pas requ de commandes de paquebots depuis 2001. Avec la livraison du paquebot géant s’achève en tout cas pour Alstom une phase d’euphorie, marquée par la commande de 22 paquebots entre 1998 et 2001. Il restera ensuite livrer deux commandes: un méthanier géant pour Gaz de France (GDF), et un ferry, le Berlioz, pour SeaFrance, la filiale transmanche de la SNCF. Après avoir recruté tour de bras, le dernier grand chantier naval franqais est parvenu ne pas licencier, et devrait encore tenir cette gageure en 2004, stabilisant son effectif autour de 4500 salariés. En revanche quelque 3000 employés de sous-traitants (sur plus de 6000) auraient déjà quitté le site en 2003, selon les syndicats. défaut de commandes, Saint-Nazaire table sur la vogue des bateaux toujours plus géants et «superlatifs».